Vivre ou mourir: le choix du suicide
11.08.2007 par Elfe
Voilà les vacances sont terminées, 3 petites semaines vite envolées…
Ca n’a pas été une période toute rose et dorée comme on en rêverait pour ses vacances…
Trop de fatigue et le choc du suicide d’un jeune homme de 20 ans… je ne le connaissais pas beaucoup lui, surtout sa copine et ses amis mais je l’appréciais et son geste m’a vraiment touchée, remuée au plus profond de moi…
Plein d’émotions, d’images, de questions… c’est difficile de juste accepter.
Quand je pense à lui, c’est encore du chagrin qui se présente, plus que de la paix.
Beaucoup disent qu’il est mieux maintenant, qu’il a trouvé la paix et qu’enfin il ne souffre plus…
C’est dur pour moi d’adhérer à ça parce que de tout mon coeur et mon esprit, je veux croire qu’on peut se libérer de ses chaines, de ses craintes, de ses doutes, je veux espérer qu’on peut soigner ses blessures, trouver de l’aide, de la force en soi et avec l’aide des autres pour guérir, grandir et trouver l’équilibre dont on a besoin pour VIVRE.
Je suis tellement triste qu’il ait choisi d’en finir en toute lucidité, persuadé que c’était la seule issue.
C’est vrai que c’est difficile lorsqu’on est enfermé dans la souffrance morale de cheminer en soi-même pour se comprendre, découvrir l’origine de sa douleur et en guérir pas à pas avec du soutien, à travers des étapes, chacun à sa manière…
Je crois que ce chemin est personnel, qu’il n’y a aucune recette miracle, qu’il passera par l’expression artistique pour certains, par une des mille formes de thérapie pour un autre, ou par des sentiers encore différents: voyages, foi, rencontres, lectures…
Cela prend du temps, parfois beaucoup de temps mais ce voyage au coeur de soi est le plus grand des voyages…
C’est un véritable travail d’alchimiste qui commence par la nigredo (l’oeuvre au noir): le moment plus ou moins très long où l’on galère franchement, et se termine par la transformation du plomb en or… C’est une image pour dire que le but recherché n’est pas seulement d’échapper à nos souffrances mais de trouver un état de paix et de bonheur intérieur depuis lequel on devient créateur passionné de sa vie et soutien pour ceux qui en ont besoin…
Nous n’avons pas tous les mêmes racines, le même vécu, la même façon de prendre les choses, la même capacité à rebondir mais tous, où que nous en soyons, pouvons aller de l’avant, chercher et/ou donner de l’aide, à condition d’y croire et de rester ouverts à l’expression, aux autres, à la Vie…
Je peux bien imaginer qu’on puisse se sentir totalement malheureux et perdre confiance en tout jusqu’à ne plus voir d’autres issues que la mort… et ça m’attriste beaucoup.
Il a choisi alors nous n’avons plus qu’à respecter sa décision, en vivant notre deuil, chacun à son rythme, dans le soutien des uns et des autres.



oui, chacun son chemin, chacun son fardeau, que nous sommes seuls à porter. Je crois aussi que la finalité de la vie est de casser nos chaînes et nos conditionnements, apprendre le détachement des choses et des êtres, grandir, s’individualiser. Peut être pour ce jeune homme, le chemin en passait par la rupture brutale et volontaire avec l’existence, pour son évolution à lui et celle de son entourage, puisque nous sommes tous en interaction, et qu’on dit qu’il n’y a pas de hasard dans l’Univers.. qu’il n’y a pas d’effets sans causes..
c’est terrible pour les pauvres petits humains que nous sommes, qui avons besoin de donner du sens aux évènements, mais comment donner du sens à ce qui à nos yeux n’en a pas..
Ce genre d’épreuves nous oblige à plonger dans “le voyage au coeur de soi”… Et comme tu dis, il prend du temps ce voyage.. le travail de tant de vies, pour moi qui me sens proche du bouddhisme, et qui adhère à l’idée de la réincarnation.. la route continue, toujours et encore.. avec des milliers d’expériences à vivre pour la compréhension et l’évolution de notre âme, en passant peut être par celle du suicide..
à bientôt
Merci pour ton commentaire cappuccine
tu ouvres le champs de compréhension bien au-delà de ce que nous pouvons en percevoir…et je partage aussi ta croyance que tout ne s’arrête pas à notre mort…
mais comme tu le dis, la route est longue, derrière et devant…ce qui a l’avantage de nous donner le temps dont nous avons besoin 
Avec cette confiance que la vie de chacun s’inscrit dans un dessein plus vaste et qu’en plus, nous sommes tous interconnectés, y compris avec notre histoire familiale…je me rends bien compte que l’acceptation sans chercher à tout vouloir comprendre est la seule voie possible.
Quand donc arriverai-je à vivre en me posant moins de questions?
Ma tête est une abeille infatiguable qui vole de fleurs en fleurs… au final, je sais bien que ce n’est pas ce travail de l’esprit qui apporte la sérénité
J’aime beaucoup ton article. Je partage ce sentiment de profond regret, quand tant de possibilités existent maintenant de sortir des noirs labyrinthes, de voir un être jeune couper brutalement le cours de sa vie.
Mais peut-être toutes ces possibilités ne sont-elles pas uniformément accessibles à tous. Peut-être est-on inégal aussi devant les ouvertures de la vie, les clairières où on se ressource, les chemins vers la lumière…
Et seuls ceux qui ont suivi la même route savent pourquoi ils ne voulaient plus ou ne pouvaient plus attendre que quelque chose leur redonne l’envie de continuer.
Et tu dis vrai, l’acceptation est la seule réponse et elle n’est pas aisée.
oui
à chaque jour suffit sa peine..
“prendre le temps de prendre son temps” comme disait Alexandre le bienheureux..
prendre le temps de butiner, s’autoriser à bifurquer, revenir, se poser, s’autoriser la colère.. mais aussi s’autoriser le plaisir, la joie, le bonheur.. s’autoriser à “être” tout simplement..
j’aime beaucoup le titre de ton blog “pour grandir encore et encore” c’est réellement pour moi, la finalité de toute vie, si j’enlève ce sens spirituel, la vie ne vaut plus la peine..
Tant qu’à notre mental toujours en ébullition, la méditation aide certainement à le calmer..
mais je me dis que c’est tout de même grâce à toutes ces questions qu’on se pose, qu’on peut avancer dans notre compréhension des choses..
Tant qu’à l’acceptation, c’est sans doute une clé très importante vers la sérénité..
je t’embrasse.
Thierry Romanens a écrit une très belle chanson sur ce thème dans son dernier album. Elle s’appelle Perles rouges. Ecoute-là, elle est magnifique et à chaque fois que je l’entends, j’ai une boule dans la gorge.
Il n’y a pas si longtemps, j’étais limite dans ma tête. Plein de choses passaient et repassaient. J’ai écrit sur une feuille ce qui pouvait me retenir ici, et alors que je croyais trouver une page blanche, j’en ai remplis deux. J’ai bien réfléchis et maintenant je vais de l’avant, en essayant de profiter chaque jour de ce qui m’entoure
@cappuccine: merci pour tout ce partage, ça me fait du bien
@speedy: je ne connais pas cette chanson mais je vais tâcher de la trouver! c’est cool le truc d’écrire pour voir tout ce qui nous retient, et je suis bien contente que tu aies trouvé tant de choses!
Bisous à toutes
Le suicide n’est pas un choix, mais justement une absence de choix… et arrêtez de raconter qu’il existe autre chose après la mort, même vous vous dîtes ça uniquement pour vous rassurer…
Bonjour Marc,
Je m’imagine bien que quelqu’un qui en vient au suicide ait l’impression de ne plus avoir d’autres choix, cependant pour moi c’est quand même un choix et même un sacré choix!
Concernant la question de la vie après la mort, chacun est libre d’avoir sa propre vision vu que dans le domaine de la foi, il n’y a aucune certitude… tant que nous respectons les croyances des uns et des autres, le dialogue peut avoir lieu et nous enrichir…