Harry Potter ou l’anti-Peter Pan
10.01.2008 par Elfe
Parmi mes lectures de ces derniers temps, se trouve le livre d’Isabelle Cani: “Harry Potter ou l’anti-Peter Pan, pour en finir avec la magie de l’enfance.”
Ce livre m’a tout de suite tentée parce qu’en règle générale, j’adore ce qui permet d’aller au-delà de la surface pour donner du sens.
Découvrir le message caché des symboles, le chercher en tout cas
Dans ce même ordre d’idées, j’ai dévoré x bouquins parlant de décodage biologique, psychogénéalogie et autres secrets de famille. J’avais aussi adoré le bouquin de Marie-Louise Von Franz, proche collaboratrice de Jung
“L’interprétation des contes de fée”.
Mais bon je m’égare…revenons à Harry Potter
Isabelle Cani s’interroge sur les raisons d’un tel succès qui non content de toucher les enfants et les ados a passionné de nombreux adultes…à une échelle mondiale.
D’après elle, c’est l’indice que Rowling a su exprimer à travers son héros un message qui nous parle à tous, de nous en particulier et de notre société occidentale.
La question fondamentale en jeu est de DEVENIR ADULTE ou rester enfant voire ado…
Peter Pan serait le le mythe du rêve de l’enfance éternelle, magique et heureuse, comparée au monde des adultes terne et plein de pesantes contraintes.
Son auteur, Bari aurait déjà pressenti et dénoncé à sa manière il y a un siècle, cette tentation de fuir “l’adultitude” en se réfugiant dans l’enfance, avec pour seul but de s’amuser. Par la suite, Dan Kiley, un psychologue a même nommé “syndrome de Peter Pan” la difficulté de certains hommes à grandir et assumer leurs responsabilités.
Et effectivement, la société toute entière s’est mise à dériver dans cette direction, mettant de plus en plus en avant la pure satisfaction des désirs et pulsions dans un paysage médiatique branché fun, consommation, et apparence.
Depuis, ça n’a fait qu’empirer, les enfants sont devenus un public cible très intéressant, qu’on stimule dès le plus jeune âge à vouloir acheter et consommer sans limites.
Le message transmis à tous est “soyez jeunes et faites-vous plaisir sans limites!”
Dès lors vieillir n’est plus synonyme de maturité ou de sagesse mais juste de décrépitude…
Pas très tentant comme modèle…alors les “adultes” s’accrochent à leur jeunesse et les jeunes ne veulent pas devenir adultes!
C’est là qu’Isabelle Cani voit en Harry Potter un message pédagogique subtil qui tout en nous emmenant au pays heureux de la magie et de l’enfance nous entraine peu à peu au fil de ses 7 volumes vers un art de grandir.
Harry traverse bien des épreuves, il murit à travers combats, victoires et deuils. En acceptant de tuer la part infantile qui l’habite, en tant que horcruxe de Voldemort (Voldemort représentant le faux adulte, qui n’a pas su grandir et est devenu avec le temps le jouet de ses propres pulsions infantiles) au péril de sa propre vie et hors de toute pratique magique (monde de l’enfance), il se libère de sa propre enfance et tel le papillon, déploie ses ailes pour construire sa vie d’homme.
L’épilogue le confirme, Harry âgé de 37 ans, marié, père de famille et venu à la gare en voiture pour accompagner ses enfants qui partent à leur tour pour Poudlard.
Le jeune héros est devenu un homme, un adulte qui a su grandir et devenir à son tour un père et un repère pour ses enfants.
Isabelle Cani décrit avec finesse les étapes de cette croissance où il s’agit d’après elle d’avoir “le courage de soulever tous les voiles sans s’arrêter en chemin, quoi qu’on puisse trouver derrière; la volonté de se remettre en cause et, chaque fois qu’on cède à une émotion mauvaise conseillère, d’essayer de réparer ensuite ce qui peut l’être; la capacité…de refuser fermement toutes les conceptions du monde et toutes les idéologies qui consistent à dire d’une manière ou d’une autre que le bien est chez nous et le mal chez les autres.”
Une belle réflexion sur un sujet qui nous touche tous à un niveau personnel (chacun doit parcourir ce chemin de transformation difficile et passionnant) et aussi plus globalement au niveau de notre société.
Pour que les adultes trouvent leur équilibre et qu’ils puissent être des modèles qui tiennent la route et fassent envie aux enfants et ados.
Quel challenge! exigeant mais tellement motivant!



bonjour
Ton texte est très intéressant, ce livre semble aussi captivant.
Il est vrai que nous vivons dans une société où nous cherchons la jeunesse éternelle et où les personnes agés sont laissés de côté alors qu’ils ont tant à nous apprendre!